Ensilage maïs 2025 : quels impacts sur la production laitière et la Marge sur Coût Alimentaire ?
Les analyses des ensilages maïs 2025 montrent des valeurs alimentaires supérieures aux années précédentes.
Plus digestibles, moins encombrants et plus riches en énergie, les maïs 2025 présentent un fort potentiel pour la production laitière.
Mais malgré ces bons résultats, un point de vigilance reste essentiel : la gestion des stocks jusqu’à la prochaine récolte.
Des baisses de rendement de 15 % à 40 %
Les premières estimations de cubage des silos confirment la baisse moyenne de 2 à 5 t Matière Sèche (MS) par ha, comparé à une année normale. Cela donne des rendements compris entre 7 et 12 tMS/ha (avec certaines parcelles supérieures à 15 tMS). Cette baisse est très variable entre les régions, selon le niveau de sécheresse et la qualité des sols.
Stocks : 15 % des élevages en difficulté
Si 50 % des élevages ont gardé une bonne sécurité à l’issue des ensilages 2022, un tiers d’entre eux vont être confrontés à un risque de déficit pour l’été prochain, et 15 % auront des difficultés dès la fin de l’hiver.
Selon l’année fourragère 2023 et la pousse automnale, ce pronostic sera plus ou moins atténué.
Concernant l’estimation des stocks, la vigilance est de mise. Elle doit se reposer sur des bases de densités silos plus faibles, comprises entre 180 et 220 kg MS. Le pourcentage de MS du maïs et la teneur en grains vont influer sur la densité à retenir Par exemple : -3 % d’amidon entraîne une diminution de densité de 15 kg MS par m3.
Concernant les valeurs alimentaires, les premières analyses donnent des taux d’amidon inférieurs de 8 à 12 % ou plus par rapport aux années précédentes.
On retrouve des maïs encombrants, avec des digestibilités en baisse de 2 à 4 % et des UFL de 0,88 à 0,95 UFL Systali nettement moins élevés qu’en année normale.
Tableaux des valeurs
| % MS | dmo | Amidon | NDF | Cell | MAT | UFL (2018) | pdi | bpr | uel | Densité énergétique | |
| Maïs 2022 | 26-42 | 64,2 à 70,5 | 15 à 30 | 45 à 55 | 20 à 29 | 6 à 8 | 0,87 à 0,93 | 55 à 60 | -30 à -41 | 1 à 1,15 | 0,80 à 0,94 (moy = 0,87) |
| Maïs 2021 | 32,9 | 71,8 | 31,2 | 42,1 | 20 | 6,9 | 0,96 | 61 | -41 | 0,98 | 0,98 |
Quels impacts sur les rations ?
Des maïs 2025 plus performants dans les rations
Une simulation réalisée sur un troupeau Prim’Holstein de 650 kg de poids vif (RG lact. 5,7) met en évidence un potentiel laitier supérieur avec les maïs 2025 par rapport aux maïs 2024 et à la moyenne des 5 dernières années
| Ensilage maïs 2025 | Ensilage maïs 2024 | Moyenne 2020-2024 | |
| Ens maïs (kg MS) | 19.2 | 18.3 | 19.0 |
| Kg tourteau soja | 2,9 | 2,9 | 2,9 |
| Kg tourteau colza | 2,5 | 2,5 | 2,5 |
| Minéral 5/25/5 | 300g | 300g | 300 g |
| Sel | 70g | 70g | 70g |
| Lait permis (kg) | 34.5g | 32.7 kg | 33.6 kg |
Les maïs 2025 permettent ainsi un gain estimé de 1 à 2 kg de lait par rapport aux références comparées.
Attention à la gestion des stocks
Malgré les bonnes performances des maïs 2025, il reste essentiel de sécuriser les stocks jusqu’à la récolte 2026 et les semaines nécessaires à la fermentation des nouveaux silos.
Un état des lieux peut être utile au printemps afin d’ajuster les quantités distribuées et éviter toute rupture en ensilage maïs :
- cubage des silos,
- mesure des densités,
- suivi de l’avancement,
- ajustement des rations.
Quelles solutions pour remonter la production et améliorer les marges ?
- Réaliser un diagnostic silo pour connaître la densité et anticiper la gestion des stocks
- Analyser les fourrages
- Densifier la ration par l’apport de sources énergétiques peu encombrantes avec des glucides très fermentescibles (orge, blé, triticale, maïs grain broyé / humide, maïs épi ou de l’aliment liquide riche en sucre)
- Surveiller l’efficacité alimentaire de votre troupeau via Profil’Tank
Dans l’exemple de rations ci-dessus, pour un maïs moyen (hypothèse 1), l’ajout de 3,1 kg de blé va permettre de retrouver un niveau de production de 30,6 kg de lait /VL. La marge sur coût alimentaire va passer de 8,75€/VL/j à 9,18€/VL/j.
Dans le cas d’un maïs de qualité inférieure (hypothèse 2), en tenant compte du risque d’acidose, l’ajout de blé sera plafonné à 3,2kg. Pour autant, le niveau de lait permis sera de 28,6kg. Pour retrouver un niveau supérieur à 30 kg, l’apport de coproduits moins acidogènes et peu encombrants peut être intéressant. Il faudra veiller à respecter les équilibres nutritionnels pour éviter les maladies métaboliques.
L’investissement réalisé par l’apport de concentré supplémentaire va permettre d’améliorer l’aspect économique : la marge sur coût alimentaire sera meilleure.
En résumé :
Les maïs vont nécessiter une complémentation énergétique supérieure cette année, ainsi que des solutions nutritionnelles pour améliorer la valorisation (levures…).
Au-delà de l’intérêt pour la production de lait et les taux, le risque de déficit énergétique peut se traduire à court et moyen terme par :
- des amaigrissements perte liée à une acétonémie : 170 €
- des chaleurs plus discrètes (perte d’un cycle : 30 €)
- un déficit immunitaire global
Des effets qui ne seront pas sans conséquences économiques.
Etant donné la forte hétérogénéité des ensilages de maïs, intra zone et intra élevage, il est vivement conseillé de faire analyser régulièrement son fourrage afin d’adapter au mieux sa complémentation.
Travailler les rations reste donc indispensable. C’est la garantie d’une bonne efficacité alimentaire et de l’amélioration de la MCA pour les mois prochains.
Pour allez plus loin :