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Comment gérer ma fertilisation à la sortie de l’hiver ?

Fév 20, 2019 | Fourrages et cultures

Le pilotage de la fertilisation à la sortie de l’hiver se raisonne après avoir bien défini les besoins azotés des cultures et estimé au plus juste les restitutions d’azote par le sol. C’est la méthode des bilans employée dans les plans de fumure. Elle permet de décider des apports à réaliser pour couvrir les besoins des plantes et atteindre l’équilibre de fertilisation. Si vous vous posez les questions suivantes, un éclairage s’impose : Comment connaître la quantité d’azote à apporter à la sortie de l’hiver ? Comment valoriser mes effluents d’élevage? Quels engrais minéraux à cette période de l’année ?

A chaque culture, sa fertilisation

Comment valoriser vos effluents ? Quelle est la période la plus propice à l’utilisation des engrais ? Retrouvez nos conseils pour réaliser vos apports au plus juste.

Sur céréales

Le 1er apport est conseillé à mi-tallage, à partir de fin février-début mars en moyenne. Compte tenu des besoins à ce stade et de la capacité d’absorption de la plante, on considère un maximum de 40 uN/ha afin de limiter les pertes dans le milieu. Une surfertilisation à ce stade entretiendra les talles secondaires qui ne contribuent pas au rendement. Cela augmentera le risque de verse et défavorisera la teneur en protéines des grains.
Comment effectuer cet apport ? Il est préférable d’utiliser un engrais minéral type urée ou ammonitrate. Afin de limiter au maximum les pertes par volatilisation, l’utilisation de la forme urée avec inhibiteur de l’uréase est à privilégier (ralentissement de l’hydrolyse de l’urée). Dans tous les cas, l’apport sera valorisé correctement si 20 mm de pluie est prévue dans les 15 jours qui suivent. Dans les systèmes ayant du lisier de porc à disposition Cet effluent peut être valorisé en second apport début mars. 2-3 semaines avant le stade épi 1 cm. Idéalement à hauteur de 18-30 m³/ha suivant les teneurs avec rampe pendillards (coefficient d’efficacité à 0.6.  Basez-vous sur un apport de 60 à 80 unités efficaces pour ajuster le volume). Rapproché du 1er apport le temps que l’azote du lisier se minéralise, il apporte phosphore et azote à une période où les besoins pour la plante sont conséquents.

Pour les colzas

Le fractionnement des apports en fin d’hiver suit le tableau ci-dessous :
Source : Terres Inovia
L’utilisation d’un engrais soufré pour un 1er apport au début montaison peut s’envisager à la parcelle. Compte tenu des pratiques organiques du département et des conditions climatiques de cet hiver, l’apport ne doit pas être systématique. Privilégiez la forme ammonitrate au second apport courant mars.

Pour le maïs

L’apport d’un fumier de bovin est recommandé 2 mois avant l’implantation. Cette démarche permet de bénéficier d’un temps de minéralisation nécessaire à faire coïncider la disponibilité de l’azote avec la cinétique d’absorption de la culture (85% des besoins entre le stade 6-8 feuilles et floraison). Un apport de 25 à 40 t/ha peut être réalisé selon le mode de paillage et la durée de stockage. Afin de limiter le marquage où le tassement, vérifiez bien la portance avant de réaliser votre apport dans le but de préserver la structure du sol.
Pour rappel : La nouvelle réglementation interdit les épandages de type I (fumiers de bovins et composts) à partir du 1er mai. L’interdiction pour les effluents de type II (lisiers) est ramenée au 15 mars.
Pour ces cultures, le premier apport est à ajuster selon les valeurs de reliquats à la sortie de l’hiver (RSH). Elles sont issues :

  • du rendement et des pratiques de fertilisation du précédent,
  • de la minéralisation de l’automne,
  • de l’absorption des cultures en place,
  • du lessivage hivernal.

En raison des conditions climatiques de ces derniers mois, avec des températures douces et des précipitations inférieures à la normale de saison, il est à prévoir des RSH plutôt élevés.

En prairies de plus de 6 mois

L’apport de lisier de bovin est possible depuis le 1er février. Privilégiez en 1er lieu les prairies de fauche. Pour une bonne efficacité du lisier de bovin, attendez que les températures se réchauffent un peu, avec des maximales autour de 12-15 °C. Limitez les apports autour de 30 uN/ha (coefficient d’efficacité de 0.55 en février sur prairie). Pour les prairies mixtes pâturées et fauchées, sitôt déprimage un apport est possible. Attendez ensuite 3 à 4 semaines avant de remettre les vaches au pâturage. Cela permettra de limiter le risque sanitaire et favoriser l’appétence de l’herbe pour les animaux. Pour les prairies temporaires pâturées cet hiver et dont la hauteur d’herbe est inférieure à 7-8 cm, un apport de 30 m3 de lisier est envisageable fin février. Pour celle au-delà de 8 cm préférer l’exploitation au pâturage.

Quels engrais minéraux choisir ?

Urée, Ammonitrate, solution azotée, les solutions ne manquent pas. Tour d’horizon des différents engrais que vous pouvez utiliser.

L’urée

L’urée libère son azote après l’action de l’enzyme uréase présente dans le sol et produite par les micro-organismes. Le processus d’hydrolyse s’opère à partir de 10°C. Cet engrais n’est donc pas directement disponible pour les plantes. Sa minéralisation est progressive. Le risque de volatilisation sous forme ammoniacale est élevé. Pensez à l’enfouissement à 10 cm dans les prochaines heures pour limiter les pertes.

L’ammonitrate

Elle combine l’action rapide de l’azote nitrique avec celle plus lente de l’azote ammoniacal. Elle est idéale pour coller au plus près des besoins en azote de la plante durant son cycle (ex : épi 1cm pour le second apport sur blé).

La solution azotée

C’est la forme d’engrais la moins chère du marché et son épandage présente un côté pratique. Les résultats sont globalement moins bons qu’avec les autres engrais à cause de sa sensibilité à la volatilisation.
Répartition des formes d’azote présentes dans les engrais minéraux Les engrais à base de nitrate d’ammonium ont une action rapide sur la culture contrairement aux formes uréiques qui auront une minéralisation progressive (Urée > Ammonium > Nitrate).

Informations réglementaires sur la fertilisation :

Avant de programmer vos apports d’engrais ou de valoriser vos effluents, vous devez respecter quelques précautions d’usage. Voici quelques repères sur les distances d’épandage :
Source ICPE et Directive nitrate
* Sauf dispositions particulières liées aux périmètres de protection de captage ** Bande végétalisée permanente de 10m ne recevant aucun intrant *** Sauf dérogations préfectorale individuelle, à la demande de l’exploitant **** Maintien d’une bande végétalisée de 10m en ZAR
Le pilotage de la fertilisation à la sortie de l’hiver est une étape importante pour la réussite de votre nouvelle campagne culturale. Avant de vous lancer, vous devez bien réfléchir aux besoins azotés des cultures. Pour être certain de faire les bons choix et de respecter vos obligations, les experts agronomie et environnement peuvent vous apporter un éclairage précieux.

Je souhaite en savoir plus sur les bonnes pratiques de fertilisation :

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