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Mycotoxines des maïs ensilage en Bretagne

17 12 2020Nutrition, Prévention santé

Les mycotoxines sont des toxines produites par des champignons microscopiques présents dans les fourrages. En cas de forte contamination, les impacts sur la production laitière, la reproduction et la santé peuvent être conséquents.

Il existe 2 types de mycotoxines :
– Les mycotoxines de champs qui se sont développées pendant la culture,
– Les mycotoxines de stockage (développées en silo), très peu présentes en Bretagne.

Les mycotoxines sont des molécules très résistantes et demeurent dans les matières premières même après élimination des moisissures.
Les facteurs favorisant le développement des mycotoxines au champ sont nombreux : variétés utilisées, climat (humidité au moment de la floraison), techniques culturales (semis direct), précédent cultural (maïs ou céréales), présence de pyrales.

Selon les aliments, les risques varient. Dans nos régions, le maïs ensilage constitue le principal fourrage concerné.

Les ruminants sont beaucoup moins sensibles aux mycotoxines que les volailles ou les porcs, en particulier du fait d’une détoxification par les micro-organismes du rumen. Mais celle-ci est plus ou moins efficace, selon le type de mycotoxine, et l’état de santé du rumen.
Les problèmes constatés en élevages, qui peuvent faire penser à une forte contamination, sont les suivants :
– baisse de consommation des fourrages
– sous-production laitière
– bouses hétérogènes, diarrhées
– immunodépression : sensibilité aux infections, taux cellulaires élevés
– boiteries (fourbure)
– problèmes de reproduction : baisse de la fertilité, anoestrus ou cycles irréguliers, avortements

Tous ces symptômes sont peu spécifiques des mycotoxines : ils peuvent avoir d’autres origines, pour la plupart plus fréquentes que les mycotoxines. Avant la mise en place de traitements, d’autres pistes techniques doivent être explorées : l’équilibre de la ration, les quantités distribuées et accessibles, la qualité des fourrages, les transitions alimentaires, la gestion du parasitisme, la prévention sanitaire…

Ensuite, si les problèmes et les symptômes persistent, une analyse de la ration à l’auge ou des fourrages à risque peut être réalisée. Attention, l’échantillon envoyé au laboratoire devra bien être représentatif de ce qu’on analyse.

Les facteurs influençant le développement des mycotoxines au champ sont les variétés utilisées, le climat (humidité), les techniques culturales (semis direct) et les conditions de récolte.

Les ruminants sont beaucoup moins sensibles aux mycotoxines que les monogastriques. Les bovins résistent bien aux mycotoxines, du fait d’une détoxification ruminale (Bailly – ENVT Toulouse). 

Quelles mycotoxines analyser ?

Il existe plus de 400 mycotoxines connues. Dans nos régions, les plus fréquentes sont les mycotoxines de champ, réparties en 3 familles : Trichotècénes, Zéaralénone et Fumonisines. Les fumonisines sont peu retrouvées en Bretagne, et à des quantités très faibles (pour plus d’information : https://www.observatoire-mycotoxines.com/)

L’analyse quantitative des mycotoxines des deux premières familles citées (Trichotécènes et Zéaralénones) fournit une bonne évaluation du risque mycotoxines des fourrages en Bretagne.

Quelles solutions en cas de fortes teneurs en mycotoxines ?

Il est possible d’ajouter des additifs anti-mycotoxines dans l’alimentation des bovins. Les produits disponibles sur le marché sont nombreux et variables en termes de composition. Généralement, on y retrouve 2 stratégies de traitement :
– une stratégie basée sur les liaisons électrostatiques, avec des argiles et parois de levures pour l’adsorption. Il s’agit de capteurs/fixateurs qui maintiennent les toxines dans le tube digestif et qui les éliminent au travers des fécès. Cette solution est efficace essentiellement sur mycotoxines telles que les Aflatoxines (quasi absentes en Bretagne), et n’est pas suffisante sur les mycotoxines sur les mycotoxines de champs (DON, zéaralénone, trichothécènes).
– Une stratégie de bio-transformation dans le rumen par des enzymes, qui supprime la toxicité. Cette solution est particulièrement efficace pour les mycotoxines développées au champ.

Les additifs mis en place demandent quelques semaines à quelques mois avant de voir un effet positif. Les doses à apporter sont à moduler selon la pression mycotoxines retrouvée dans les analyses, et les quantités de fourrages contaminés ingérés.

L’Observatoire des Mycotoxines 

Initié par Eilyps et les entreprises de conseil en élevage sur la zone Bretagne, cet observatoire rassemble des intervenants travaillant autour des mycotoxines ayant souhaité s’impliquer dans ce projet :

  • entreprises de conseil en élevage
  • fabricants de capteurs de mycotoxines,
  • fabricants d’aliments,
  • semenciers,
  • laboratoires d’analyse.

Initié en Bretagne en 2018, l’observatoire des mycotoxines permet de réaliser sur plusieurs années une cartographie des teneurs en mycotoxines présentes dans l’ensilage de maïs. Depuis 2020, l’observatoire a été étendu à d’autres régions de France suite à l’intégration d’un nouveau partenaire, le groupe Seenergi.

Les échantillons seront cette année prélevés dans 355 élevages ciblés selon les zones pédoclimatiques et leurs caractéristiques d’élevages (pratique ou non sans labour, niveau de production,…).

Comme chaque année, les résultats seront publiés sur le site : https://www.observatoire-mycotoxines.com/

Sarah NEUMANN RAOUX
Vétérinaire – Consultante – Formatrice
sarah.neumannraoux@eilyps.fr
06 88 84 25 62

Je souhaite en savoir plus sur les mycotoxines dans le maïs ensilage

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