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Comment limiter le stress thermique chez les vaches ?

26 06 2019 | Prévention santé |

Le stress thermique désigne l’incapacité du bovin à maintenir une température normale lorsque la température et l’humidité sont élevées. Le rumen étant un gros fermenteur, il dégage de la chaleur. L’optimum thermique pour la vache laitière se situe donc entre 5 et 15°C. Au-delà de ces valeurs, l’animal va mettre en œuvre des mécanismes de compensation pour maintenir la température corporelle constante.
Passé un certain seuil, ces mécanismes sont dépassés et la température rectale s’élève : le bovin est alors en stress thermique.

Comment savoir si mes animaux sont en stress thermique ?

Idéalement, le stress thermique s’évalue en mesurant la température des animaux à priori en bonne santé. En temps normale, cette température se situe autour de 38-38.5°C et s’élève en cas de stress thermique.
Il est possible d’observer un stress thermique en comptant les mouvements respiratoires, qui passent de 30 mouvements/minute en temps normal, à 50 mouvements/minute lorsque la vache est stressée.

Comment évaluer le niveau de stress thermique de vos vaches ?

Le calcul de l’indice température/humidité (ITH) est un moyen accessible et facilement interprétable pour déterminer le niveau de stress thermique de vos animaux.

Exemple d’indices de température et hygrométrie (ITH) heure par heure
du 30 mai au 2 juin 2019 à Rennes.  
Vous pouvez également compter le nombre d’heures par jour où l’ITH est supérieur à 68

Il existe des applications mobiles qui estiment au jour le jour et prévoient les épisodes de stress thermique. (Thermotool de CCPA ou Heatstress de Phileo).

Quelles sont les répercussions du stress thermique ?

Chez les bovins le stress thermique peut se présenter de différentes manières. Globalement les signes suivants doivent vous alerter :
• Augmentation de la fréquence respiratoire.
• Passages plus fréquents aux points d’eau
• Perte d’appétit et rumination au ralentie favorisent les déséquilibres ruminaux et font chuter la production.
• Réduction des déplacements et station debout prolongée, vont augmenter les risques de boiteries.
• Couchage en groupe et souvent au même endroit favorisent les mammites.
• Modifications métaboliques, hormonales et vasculaires. Ces 3 signaux ont des répercussions sur les défenses immunitaires et les performances de reproduction. Le TB risque aussi de chuter.

Cas concret sur la période de stress thermique léger du 30 mai au 2 juin 2019
A raison d’une diminution de production de 0.283 kg/h de stress thermique léger et de 0.303 kg/h de stress thermique modéré, une vache moyenne aura perdu 9.2 kg en 3 jours
Pour un troupeau moyen de 75 vaches, cette perte équivaut à 700 kg de lait en moins (soir environ 230€).

Il faut noter que pour les vaches les plus productives, le stress thermique se fait ressentir plus durement.
D’après une étude menée par Brian Lang en 2011, pour les vaches produisant plus de 45 kg de lait par jour, le calcul de l’ITH devrait prendre en compte une température de 5°C supérieure à la température réelle. A cela s’ajoute les répercussions, visibles plus tardivement, sur la reproduction, la qualité du lait et les boiteries.

Symptômes du stress thermique chez la vache

Comment maîtriser le stress thermique ?

Même s’il est impossible d’influencer sur le climat, il est possible d’en atténuer les effets. Plusieurs actions peuvent être menées conjointement, sur la conduite d’élevage, du rationnement et le bâtiment.

Modification de la conduite d’élevage :

• Si les animaux sortent au pâturage, préférez les garder en bâtiment la journée et les sortir la nuit.

• L’abreuvement est un point clé pour limiter les effets du stress thermique. La consommation peut facilement augmenter de 50% et passer de 85L à plus de 120L/j. Il faut donc veiller à l’approvisionnement en eau des abreuvoirs, les nettoyer quotidiennement et rajouter des points d’eau supplémentaires s’il le faut. Il faut également s’assurer que la température de l’eau n’augmente pas trop, autrement dit éviter que les abreuvoirs soient en plein soleil.

• La ration est majoritairement ingérée le soir et au petit matin. Les distributions auront lieu en priorité en fin de journée pour éviter l’échauffement et augmenter l’ingestion. L’utilisation d’un stabilisateur de fourrages comme l’acide propionique aide aussi à limiter ce phénomène.

Modification du rationnement :

L’ingestion étant moindre et les besoins énergétiques accrus, il faut densifier la ration tout en maintenant un taux de cellulose suffisant pour préserver la rumination et l’équilibre de la flore ruminale.

Les pertes minérales. sont importantes lors de stress thermique, notamment via les urines. Une augmentation temporaire du complément minéral et vitaminique permet de pallier à ces pertes tout en apportant des vitamines et oligo-éléments supplémentaires limitant le stress oxydatif et donc le déficit immunitaire.

Les risques de sub-acidose sont majorés ces jours-là. L’apport de bicarbonate permet de réduire ce risque.

Des compléments nutritionnels à base de levures, de plantes stimulant l’appétit, des suppléments en oligo-éléments et vitamines permettent de maintenir des performances correctes même en cas de fortes chaleurs. Vous pouvez avoir recours un complément alimentaire comme ThermoSan® disponible chez San’Élevage qui aide vos vaches laitières a mieux supporter les pics de température.

 

Votre bâtiment d’élevage est-il suffisamment ventilé ?

Crédit photo : ORELA

La fréquence des pics de chaleurs nous forcent à réfléchir aux moyens efficaces pour améliorer le confort et le bien-être du troupeau. Avant de débuter des travaux d’aménagement dans votre bâtiment, avez-vous vérifié les points suivants :
• Votre bâtiment laisse-t-il suffisamment circuler l’air ? Les entrées et les sorties d’air sont-elles bien positionnées ?
• La litière de vos vaches est-elle adaptée ? Reste-t-elle saine et sèche ?
• Si votre système de ventilation naturelle est inadapté, avez-vous pensé à l’installation d’un système de ventilation dynamique type brasseur d’air ou brumisateur ?

Votre concepteur de bâtiment pourra vous conseiller sur la solution la mieux adaptée à votre stabulation tout en respectant votre budget.

De l’amélioration de la ventilation de votre bâtiment en passant par la mise en place de bonnes pratiques visant à limiter les effets du stress thermique, les experts Eilyps peuvent vous conseillers pour prendre les bonnes décisions.

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Caroline OUHLEN

Caroline OUHLEN

Caroline est vétérinaire conseil, consultante et formatrice chez Eilyps. Elle intervient principalement sur les domaines de la qualité du lait et la santé du troupeau.
caroline.oulhen@eilyps.fr
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