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Strongles digestifs chez les génisses : traiter au bon moment et si nécessaire

26 06 2019 | Génisses, santé |

Les génisses, pendant la première voire la deuxième année de pâture, sont très sensibles aux strongles digestifs, car elles n’ont pas encore acquis une immunité suffisante pour s’en protéger. Cette immunité s’acquiert progressivement en ingérant des larves infestantes  pendant le pâturage.

Mais attention, il en faut la juste quantité ! Trop de larves ingérées peuvent entraîner des retards de croissance, une diarrhée ou un poil piqué. L’idéal est donc d’éviter ces signes cliniques grâce un contact maîtrisé avec les parasites.


Schéma du cycle des strongles digestifs les plus fréquents

(Ostertagia et Cooperia)

Le saviez-vous ?

Source : Idele

Maîtriser l’intensité d’infestation des pâtures

Différents paramètres influent sur l’intensité d’infestation des pâtures par les larves de strongles et le risque parasitaire chez les génisses qui les ingèrent :

La durée de pâturage :

Plus elle est longue et plus les génisses ingèrent et multiplient les parasites. Faire sortir les génisses plus tard que les vaches laitières, en mai ou juin, réduit donc le risque, d’autant plus qu’il y aura aussi moins de larves ayant survécu pendant l’hiver dans la pâture. Cependant il ne faut pas oublier qu’il faut un temps de contact suffisant avec les parasites pour acquérir l’immunité. Faire sortir les génisses plus tard diminuera le risque qu’elle souffre du parasitisme, mais il leur faudra dans ce cas peut être encore une année supplémentaire de pâturage avant d’avoir une immunité suffisante. On considère en effet qu’il faut 8 mois de temps de contact effectif (temps de pâturage auquel on soustrait les temps de rémanence des traitements antiparasitaires, de sécheresse, et de complémentation) avec les parasites pour l’acquisition d’une immunité efficace.

Les rotations de pâtures :

Elles permettent de déplacer régulièrement les génisses sur une parcelle saine, avant que la pression d’infestation ne soit trop importante. Dans l’idéal, il ne faudrait pas laisser les génisses plus de 3 semaines sur une même parcelle (période nécessaire entre l’ingestion des larves et l’excrétion des œufs par un bovin), et ne pas revenir sur la même parcelle avant 6 à 8 semaines (délai d’assainissement).

La météo :

Des températures douces et l’humidité favorisent le développement et la survie des larves dans l’herbe. A l’inverse, les larves infestantes ne supportent pas la sécheresse estivale.

La complémentation au champ :

Souvent réalisée en période de sécheresse, elle réduit l’ingestion d’herbe et donc de larves.

L’historique de la pâture :

Les prairies nouvellement semées ou fauchées sont les plus saines et sont à réserver en priorité aux génisses. Si cela n’est pas possible, on préférera les prairies pâturées précédemment par des vaches laitières immunisées plutôt que par des génisses. Celles-ci excrètent beaucoup moins de parasites dans l’environnement que les génisses, et permettent également d’assainir les parcelles qui ont été fortement contaminées par les génisses. 

Quelle stratégie de traitement antiparasitaire ?

Le choix de la stratégie de traitement antiparasitaire doit dans l’idéal prendre en compte tous ces éléments. Pour favoriser l’immunité, diminuer le risque de résistances et minimiser les résidus de traitements dans l’environnement, il est préférable de cibler les traitements, c’est-à-dire traiter aux moments les plus opportuns : en cours de saison de pâturage si le risque devient trop important, et/ou à la rentrée à l’étable si nécessaire. De nombreuses méthodes existent pour aider à la décision de traitement, mais les plus judicieuses sont les suivantes :

Les traitements à l’échelle du lot :

  • Des logiciels en ligne, comme Parasit’sim® permettent de simuler le risque sur des bovins en pâture dans certaines situations-types de conditions météorologiques ou de conduites de pâturage.
  • A la rentrée à l’étable, le dosage du pepsinogène (marqueur de l’intensité des lésions de la caillette causées par les strongles digestifs, recherché dans le sang) sur 5 à 10 génisses, permet d’évaluer si le plan de contrôle du parasitisme a été suffisant pendant la saison de pâturage, et si un (nouveau) traitement est nécessaire.

Les traitements à l’échelle de l’individu :

On peut même aller plus loin dans le traitement ciblé en ne traitant que les animaux les plus sensibles aux parasites. Les dernières études montrent qu’un bon indicateur pour sélectionner ces animaux est le GMQ (Gain Moyen Quotidien). Une stratégie possible est de peser les génisses à la sortie en pâture, puis deux mois plus tard pour ne traiter que les animaux n’ayant pas atteint un GMQ suffisant.

La pesée des génisses : une bonne option

Pour les éleveurs réalisant régulièrement la pesée des génisses avec Eilyps, cette stratégie peut être relativement facile à appliquer si les génisses peuvent être rassemblées en cours de saison de pâturage. Si cela est trop compliqué, on peut opter pour la même stratégie avec la 2ème pesée à la rentrée à l’étable, et toujours sur le même principe ne traiter que les génisses avec un GMQ insuffisant (avec cependant le risque de traiter un peu tardivement des génisses qui auraient déjà souffert du parasitisme).

 

Pour optimiser la croissance de vos génisses tout en ayant une utilisation raisonnée des antiparasitaires, n’hésitez pas à nous contacter !

 

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Sarah NEUMANN-RAOUX

Sarah NEUMANN-RAOUX

Sarah est vétérinaire conseil, consultante et formatrice chez Eilyps. Elle intervient principalement sur les domaines de la reproduction et la santé du troupeau
sarah.neumannraoux@eilyps.fr
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